La peur nous fait commettre de grosses erreurs!

Il y a quelques mois, j’ai commencé à faire des blabs en direct avec une collègue travailleuse autonome. Notre objectif était simple, et pourtant difficile à la fois. Trouver des sujets qui touchent les entrepreneurs, en discuter et apporter de la lumière aux questionnements.

À travers ces échanges, j’ai compris que la liste des questionnements, plutôt que de s’amenuiser, s’amplifie, surtout lorsqu’on en est à ses débuts. La raison ne me semblait pas évidente au départ, mais je réalise que chacun des sujets traités est relié à des peurs.

  • Travailler seul, sans ressources, sans avis ou conseils;
  • Ne pas savoir mettre ses limites ou dire non par peur de manquer de travail;
  • Croire que prendre des vacances nous fera perdre des clients;
  • Porter trop de chapeaux à la fois, sans avoir les connaissances requises, et donc, diminuer son estime personnelle et sa valeur réelle;
  • Se garder une porte ouverte pour un plan B, par insécurité financière;

Le dernier élément constitue notre sujet du mois prochain.  Il représente, à mon avis, la résultante des précédentes craintes et il s’agit sans doute de l’une des erreurs les plus maladroites que l’on puisse faire en entrepreneuriat.

Doit-on développer son offre, ou la recentrer?

Notre système de défense nous porte naturellement vers la survie. La survie de notre entreprise. Il ne faut pas se le cacher, de nombreuses TTE (tite tite entreprises) ne passent pas le cap des 5 ans. Pire, plusieurs nouveaux entrepreneurs abandonnent au terme des deux premières années, qui sont en majorité les plus difficiles.

Certains travailleurs autonomes (dont moi-même, mea culpa) croient qu’il faut tenter de diversifier son offre de services pour capter un plus grand auditoire et avoir la chance de récolter plus de clients.

Une entreprise bien établie peut se permettre d’ajouter un nouveau service, puisqu’elle a les moyens d’embaucher des spécialistes dans ce domaine. Or, c’est loin d’être le cas en situation de démarrage d’entreprise. Alors que faire? Il faut au contraire se spécialiser.

Fruit du hasard, je suis tombée sur le plus récent article de Natmark, intitulé « Délimiter son carré de sable » Mme Natmark, auteure du blogue et présidente de l’entreprise et forte d’une expérience de près de 20 ans, me comble toujours par la justesse de ses conseils, forts bien avisés.

Plutôt que d’agrandir son « carré de sable », il faut se l’approprier et en protéger les limites. Oui, vous avez plusieurs talents, oui, vous avez un bagage d’expérience à offrir, mais vous devez à tout prix être le meilleur dans ce qui représente la motivation première lorsque vous avez fait le grand saut pour devenir entrepreneur. Vous devez laisser votre « ancien moi » derrière et vous concentrer sur la personne que vous devenez.

plume au carre

Pour éviter de faire des bêtises…

Redéfinissez (ou écrivez-les si ce n’est pas déjà fait), votre mission et vos valeurs d’entreprises. J’ajouterais que vous devez toujours être aligné avec vos propres valeurs et motivations.  Laissez tomber tous les à-côtés qui vous définissaient AVANT d’être à votre compte. Pour ce faire :

  • Inspirez-vous de votre plus grande expertise (ex. : rédaction);
  • Ajoutez les compétences qui y sont liées (ex. : esprit de synthèse, rapidité d’exécution, créativité);
  • Regrouper toutes ces tâches que vous aimez réellement faire (ex. : développer une relation avec le client, développer des connaissances pour des applications qui vous aideront dans vos suivis, faire de la recherche pour de la curation de contenu, rédiger un blogue, développer votre marketing);
  • Marquez aussi celle que vous ne voulez plus faire (ex. : comptabilité, tâches répétitives, administration);
  • Inscrivez vos 3 principales valeurs (ex. : liberté, fierté, authenticité);
  • Ajoutez vos 3 motivations les plus importantes (ex. : travailler de chez soi, choisir vos clients, avoir plus de temps en famille, ou simplement pour faire vos activités préférées)
  • Définissez ce que vous souhaitez apporter à votre clientèle (ex. : les faire rayonner, participer à leur réussite, les aider à obtenir plus de visibilité en ligne, leur sortir la tête de l’eau!).

Ensuite, et seulement lorsque vous aurez fait ce travail, inscrivez le ou les nouveaux services que vous souhaitiez ajouter à votre offre présente.  Posez-vous les questions suivantes :

  • Sont-ils en ligne avec ma mission et mes valeurs d’entreprise?
  • Est-ce qu’ils respectent mes motivations premières ou les entravent?
  • Est-ce que je possède l’expertise (réelle! Et non rêvée) pour offrir ce service de façon à ne pas bafouer l’image de mon entreprise?
  • Respectent-ils mes valeurs personnelles, ou sont-ils en conflit avec elles?
  • Est-ce que les tâches associées entrent dans ce que j’aime faire, ou non?
  • Saurais-je répondre aux objectifs de ma clientèle, par rapport à ce que je souhaite vraiment leur offrir?

Et la dernière question, et non la moindre :

  • Ai-je le temps et l’argent nécessaires pour développer ce service, le réaliser auprès des clients et l’amener au niveau d’excellence voulue?

Vous pouvez choisir malgré tout de diversifier votre offre. Je l’ai fait moi aussi. J’ai eu tort. L’exercice que je vous suggère plus haut, je le fais moi-même en ce moment. Je resserre l’étau, puisque lorsqu’on s’éparpille un peu partout, on finit par se laisser dépasser et on dilue sa capacité à tout réaliser.

On travaille si fort pour atteindre nos objectifs. Pourquoi ne pas les réaliser, un pas à la fois?

Stéphanie Themens, alias La Plume

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  • Excellent article, Stéphanie! Tu as raison, au début, il faut éviter d’aller frapper à toutes les portes. C’est avec l’expérience et le recul qu’on apprend à diversifier l’offre. 🙂