Ressources, Complexité, Expertise d’affaire, Agilité, 4 grands défis des projets technologiques

Cet article est présenté par le Réseau ACTION TI

Reconnaissons-le, la gestion de projets technologiques a connu une évolution importante au cours des 30 dernières années. La revue Fortune considère même ce domaine comme l’une des plus importantes professions du XXIème siècle. En effet, on peut maintenant dire que ce n’est plus un secteur d’activité réservé aux grandes firmes d’ingénierie, de construction et d’informatique. Que ce soit pour l’organisation d’un événement, peut importe son envergure, la mise en place d’un centre d’appels, le développement de nouveaux produits ou encore de la restructuration des soins de santé, la gestion de projets technologiques se retrouve désormais dans toutes les sphères d’activités. En échangeant récemment avec les finalistes OCTAS 2016, un concours organisé chaque année depuis 1987 par le Réseau ACTION TI qui reconnaît l’excellence dans le domaine des technologies de l’information (TI) au Québec, j’ai pu constater que de toute évidence, aucune organisation aujourd’hui ne peut survivre sans projets technologiques. Elles font, d’ailleurs, face à plusieurs défis importants. En voici quatre que je retiens de mes discussions.

Les bonnes ressources se font de plus en plus rares

Il existe aujourd’hui un excès entre la demande et la disponibilité des spécialistes dans le domaine de la gestion de projets technologiques. Plus particulièrement au niveau des habiletés et compétences des chefs de projets technologiques. Cela devient donc une contrainte majeure pour les organisations à la recherche de nouvelles ressources. René Lacroix, vice-recteur adjoint aux ressources informationnelles et dirigeant principal de l’information à l’Université Laval et récipiendaire d’un prix MÉRITIC, rappelle, quant à lui , que la gestion de projet va au-delà de la technique. « C’est avant tout une façon de penser, de s’organiser et de savoir faire. » Il est d’ailleurs très bien placé pour en parler puisqu’il possède une dizaine d’années d’expérience dans le domaine. Il a, entres autres, fait passer les technologies de l’information de mal nécessaire à centre de services.

Les projets technologiques sont de plus en plus complexes

Les projets technologiques d’aujourd’hui sont réalisés de plus en plus dans des environnements qui sont en constants changements et touchent de multiples parties prenantes. Les délais et la taille des projets sont réduits et les demandes provenant des clients sont de plus en plus existantes ou exigeantes. Et comme les technologies évoluent sans cesse, cela demande de plus en plus de flexibilité de la part des gestionnaires qui doivent, entre autres, être en mesure de savoir décomposer de grands projets en projets plus petits. Surtout lorsqu’il est question de projet d’envergure. En effet, ils doivent être conscients qu’ils comportent un risque important et en prendre en considération lors de la planification de tels projets. Sans oublier que les équipes de projets technologiques deviennent maintenant de plus en plus virtuelles. Les gestionnaires de projets doivent donc composer avec beaucoup plus de contraintes  liées à la communication entre les membres de l’équipe, les différentes langues, les fuseaux horaires, les différences culturelles, etc. en plus de savoir utiliser les bons outils de communication et de collaboration. La refonte du Portail Unifié, du groupe PPP qui est finaliste OCTAS 2016 est un bel exemple. Ayant collaboré au projet, Kevin Moore, cofondateur et chef de la direction de Vooban, m’a partagé que le plus grand défi a été de bien gérer le déroulement de ce projet et de pouvoir se projeter dans le futur, en utilisant une méthodologie agile pour conserver la flexibilité, tout en gardant nos yeux sur la date critique du client.

Les entreprises doivent augmenter leur expertise

Les gestionnaires de projets technologiques doivent définir leur besoin et leur stratégie numérique pour les années à venir, afin de rester compétitifs face aux nouvelles compagnies comme les fintechs par exemple. Prenons, à titre d’exemple, le domaine de l’informatique qui est, selon M. Moore, une science encore jeune comparativement aux autres domaines d’ingénierie.  « Si les clients décidaient de se concentrer sur les opérations et leur expertise (leur domaine d’affaires), de faire l’élaboration de besoins précis, et qu’ils décidaient de faire affaire avec des spécialistes en développement de nouveaux systèmes, en les rendant imputables au passage, alors nous aurions beaucoup plus de résultats pour les sommes investies dans notre domaine, car des fournisseurs pourraient arriver avec des équipes qui travaillent en synergie, qui voient plusieurs clients, plusieurs domaines, ce qui permet d’apporter des idées fraîches et novatrices à des clients qui seraient autrement restés dans leur façon de faire. »

La transition du modèle actuel vers un modèle différent

Luc Michel Delisle , Gestionnaire TI, à la Société des alcools du Québec (SAQ) m’a rappelé qu’un gestionnaire de projets technologiques doit aujourd’hui savoir non seulement s’adapter aux changements, mais pouvoir être en mesure de le faire rapidement. Pour l’application SAQ Inspire qui est finaliste OCTAS 2016, par exemple, l’un des plus grands défis était de travailler avec plusieurs partenaires impliqués dans le projet et de trouver un juste milieu entre leurs besoins et le comportement réel de la clientèle cible. Pour y parvenir, ils ont dû rester flexibles dans la façon de gérer le projet. Autrement dit, être en mode hybride. Il y avait, également, dans ce cas-ci, une importante transformation des processus de commercialisation. Il est donc important de s’adapter aux changements et faire place aux nouvelles générations de gestionnaires de projets technologiques.

Enfin, j’en profite pour vous dire que je serai présente au GALA OCTAS du 2 juin 2016 afin de couvrir l’événement sur les médias sociaux et découvrir ce domaine davantage en rencontrant différents professionnels du milieu. Les échanges m’ont fait réaliser à quel point ce concours était une belle occasion pour plusieurs professionnels, mais également pour des entreprises de faire valoir leurs efforts autrement dans un secteur plus pointue. Je pense, entre autres, à l’entreprise Libéo qui est finaliste depuis plusieurs années au OCTAS. Plus précisément, ils en ont remporté 6 en 5 ans ! Pour Joé Bussière, Directeur Général de Libéo, les OCTAS, c’est une belle reconnaissance de l’industrie qui montre que leurs productions sont de qualité, et aident concrètement leurs clients. « Évidemment, c’est aussi un gage de notoriété et une très bonne visibilité pour notre entreprise. Chaque année, c’est un beau défi pour nous de sélectionner un de nos projets, de le synthétiser et de le présenter à toute la communauté numérique du Québec. » Je pense également aux jeunes entrepreneurs de Technologies Wise Guys qui sont finalistes OCTAS 2016 avec leur application Doctr qui permet à ses utilisateurs de déterminer la salle d’urgence à proximité où l’attente serait la moins longue. Quentin Gay, un des quatre cofondateurs, m’expliquait, d’ailleurs, qu’un de leur plus grand défi était d’aller chercher différentes autorisations pour accéder à des bases de données importantes ainsi que la mise à jour de celles-ci.

Pour revenir aux défis, je pourrais évidemment en ajouter d’autres. Il s’agit ici, avant tout, des plus grands que j’ai retenus. Quels sont ceux que vous ajouteriez à cette liste ?

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  • di

    super article Kim,
    je suis Bidias Junior et j aimerais échanger avec vous au sujet de quelques préoccupations dans la gestion de certains projets en Afrique Central, là ou je suis basé. mon email: groonaldson@gmail.com.