Se lancer en affaires sans financement extérieur

Se lancer en affaires sans financement extérieur consiste à lancer son entreprise sur des fonds propres limités. C’est à dire sans faire appel à des banques, investisseurs, proches (love money), etc. C’est en quelque sorte se débrouiller autrement et faire plus avec moins.

Note : Cet article a été publié initialement sur LesAffaires.com

Appelée aussi le bootstrapping, je trouve cette démarche très stimulante puisqu’elle aide, selon moi, l’entrepreneur à mieux s’administrer, à se tenir proche des entrées et sorties d’argent dans son compte en banque, à gérer son stress et ses priorités. Ce mode de fonctionnement le pousse dans sa créativité ainsi qu’à bien vendre son produit. Le bootstrapping lui permet d’acquérir des habitudes et compétences qui lui seront utiles tout au long de son parcours.

Quelques conseils si vous avez choisi de vous lancer dans cette aventure.

Faites appel à votre créativité et à votre communauté

Dans son article Emprunter aux voisins plutôt qu’à la banque, Jean Lepage, auteur du livreEntreprendre et réussir – 10 success stories de bâtisseurs d’entreprises francophones et Directeur-Service aux entreprises, Développement économique – CLD Gatineau, raconte l’histoire des propriétaires d’un café à Oakland en Californie qui ont prévendu à 1000 dollars pièce, des bons d’achat permettant de consommer pour une valeur de 1 250 $ dans le restaurant. Fiers, les clients qui avaient acheté ces bons avaient donc personnellement intérêt à faire connaître le café dans leur entourage et à les inviter sur place.

Le magazine de Nicolas Langelier et son complice Jocelyn Maclure est aussi un bel exemple selon moi. Ils ont récolté  plus de 11 000 $ en moins de 24 heures en créant une page sur le site de financement social Kickstarter.

«Quand vous avez de l’argent, vous le dépensez. Lorsque vous n’en avez pas, cela vous pousse à être plus créatif.» précise Jean Lepage 

Vendez et réduisez au minimum les sorties d’argent

Albert Dang Vu, président de Mirego, m’a fait un rappel sur l’importance de garder le focus en se donnant des objectifs clairs. Il a ajouté de faire très attention à son cash-flow, car c’est difficile à gérer.

J’ai déjà fait l’erreur et je ne suis pas la seule. J’ai entre autres mis mon cash flow en second plan dans le but de poursuivre des implications professionnelles (activités de réseautage, conférences, formations, etc.) qui me coûtaient une fortune en terme de transports. Qu’est-ce que ça rapporte? Je comprends maintenant l’importance de cette question. La gestion des priorités est primordiale, surtout en démarrage d’entreprise.

Stéphane Guérin, fondateur de Dashthis et Christian Pouliot, qui dirige Pouliot Services Conseils m’ont parlé quant à eux du processus MVP (minimum viable product) qui consiste à mettre en marché un produit simple qui répond à un besoin et pour lequel des gens sont prêts à payer.

En résumé, c’est l’importance d’avoir un produit de qualité et de commencer à le vendre le plus rapidement possible. Vous allez ensuite recevoir des commentaires qui vous permettront de le faire évoluer. Certaines personnes vous proposeront même des échanges de service ou des partenariats de distribution. N’hésitez pas à accepter si vous avez confiance en ces futures relations d’affaires.

«La peur de se planter et l’urgence de faire des revenus sont de meilleurs alliés de la réussite que l’excès de confiance et les belles cartes professionnelles»  Stéphane Guérin

Pour ce qui est du salaire, fixez-vous un objectif réaliste ou approximatif pour la première année et ajuster vos planifications de ventes en fonction. Prenez-vous un salaire juste. Mettez la balance de côté pour constituer votre cash flow afin d’engager des ressources externes dans le but de faire progresser votre projet par la suite.

Pour aider à la prise de décision et de gestion de priorité, il suffit de se concentrer sur tout ce qui peut rapporter des revenus en premier. Si ça ne rapporte pas, ça peut attendre. La location d’un local, les cartes professionnelles et les nouvelles fonctionnalités du produit sont de bons exemples. Penser aussi à développer un site web de base avec des outils gratuits et développer une présence active sur les médias sociaux dès le départ.

«Sans « surplus d’argent » momentané, l’entrepreneur est moins tenté de dilapider ses ressources dans des activités de réseautage et dans l’achat d’équipement dont il peut très bien se passer pour débuter»  Danye Desrochers, conseillère en démarrage, gestion et développement d’entreprises lors d’un échange sur le groupe Entrepreneuriat de Linked Québec 

Donnez-vous un délai

Le bootstrapping n’est pas un mode de vie à long terme selon Christian Pouliot. Une fois que l’entreprise en démarrage devient viable à tous les niveaux, il faut savoir la gérer et se fixer de nouveaux objectifs.

À vous la parole maintenant. J’aimerais connaître vos plus grandes craintes quant à vous lancer en affaires sans financement extérieur.

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