Mariève Paradis, Éditrice et cofondatrice Planète F Magazine

Aujourd’hui, je m’entretiens avec Mariève Paradis, notre membre vedette de la semaine sur le groupe Facebook Dans la tête des entrepreneurs.


Entreprise : Planète F Magazine
Date de création : 28 octobre 2013


Avez-vous toujours été dans l’entreprenariat ?

Oui et non. J’ai été travailleuse autonome avant de lancer Planète F.

Que faisiez-vous avant d’avoir lancé votre entreprise ?

J’ai été journaliste principalement à la pige pendant 10 ans. J’ai bien essayé d’être employée dans un média, comme journaliste : chez TC Média et ensuite à Radio-Canada, mais je sentais que je ne cadrais pas. J’avais envie de faire les choses différemment. Je trouvais qu’on n’innovait pas assez rapidement, notamment avec le web.

Que représente l’entreprenariat pour vous ?

Ça été une découverte d’un moi que je ne connaissais pas. Je ne me suis jamais sentie autant à ma place dans la vie. Je réalise que j’ai toujours été entrepreneure dans l’âme. Mais, à mon époque, il n’existait pas de cours à l’école pour le découvrir. Je suis heureuse d’avoir trouvé avant ma retraite par contre !

Quel est votre plus grand défi actuellement en tant qu’entrepreneure ?

Je dois retourner à la table à dessin pour solidifier mon plan d’affaires et convaincre des investisseurs de me suivre dans cette aventure d’un média multiplateforme basé sur le web. C’est difficile parce que ce qu’on entend des médias, c’est que ça ne va pas bien. Pourtant, il y a une opportunité majeure de faire les choses autrement, de penser autrement la façon dont on présente l’information et de participer à une démocratie saine. Le journalisme se transforme, il ne tombe pas.

Quelle est votre plus grande source d’inspiration ?

J’ai lu tous les livres de John Strelecky en 2015. J’ai aussi fait une formation de deux jours. J’étais mêlée à ce moment. J’avais des conflits avec mon associée. Je ne croyais plus en la viabilité de Planète F. Ses livres, la formation, la façon de voir les choses a mis une grande piste d’atterrissage devant moi. J’ai pu mieux comprendre mes défis, mes forces et des faiblesses et établir un plan de développement de l’entreprise. Que je suis constamment en train de mettre à jour !

Un livre qui m’a fait voir l’esprit de collaboration dans les affaires, c’est Créer des partenariats gagnants de Nathalie Courville. J’ai compris que le travail en équipe, entre entreprises (cobranding), est puissant et qu’on gagne à l’utiliser, surtout en début de parcours.

Une autre grande source d’inspiration, c’est ma mère. Elle est décédée en 2013, en pleine campagne de sociofinancement pour le démarrage de Planète F. Je pense souvent aux sacrifices qu’elle a fait pour sa famille. Et elle me pousse à me dépasser ! C’est aussi grâce à son petit héritage que je réussis à développer Planète F sans avoir de soucis financiers. Plutôt que de mettre son héritage dans des REER, j’ai décidé de bâtir une entreprise à portée sociale. En sa mémoire.

Quels sont vos outils web préférés ?

J’ai mon téléphone greffé à ma main, au grand désespoir de mon mari ! J’utilise les réseaux sociaux de façon quotidienne. Principalement Facebook, Instagram et Twitter. J’utilise Trello pour organiser mon calendrier éditorial. Google Drive et Dropbox pour travailler en équipe. Mailchimp pour l’envoi des infolettres. J’adore l’application WIM pour des questions pour les articles de Planète F. Et je regarde en ce moment très sérieusement Tylio comme outil de travail aussi.

Quel est le meilleur conseil de tous les temps que vous avez reçu ?

Gardez votre vision de grandeur, le rêve le plus démesuré pour votre entreprise. C’est en visant très haut que ce rêve devient accessible. Ça et parler de ses idées avant de les réaliser. J’ai tellement peur de me faire voler mes idées. C’est d’ailleurs déjà arrivé dans les trois dernières années. Mais de parler de ses idées permet vraiment de mieux les exprimer, de les peaufiner, de les valider. Et surtout, on ne sait jamais sur qui on peut tomber ! Une personne croira tellement en vous qu’elle voudra vous aider… Et ça, ça n’a pas de prix.

Et pour terminer, avez-vous une anecdote à raconter quant à votre parcours jusqu’à présent ?

Je suis vraiment gênée. Ça ne paraît pas… Mais quand je suis en réseautage, ou quand je discute avec des gens, je deviens toute plaquée et rouge. Alors, si vous me voyez en vrai, toute plaquée dans le cou, venez me dire que ça va bien aller… C’est que j’en ai besoin !

Ou

À pareille date l’an dernier, je doutais de ma capacité à continuer Planète F. J’avais envie de tout lâcher. J’avais même fait des démarches pour connaître le processus pour fermer l’entreprise. Des gens croyaient en moi plus que moi à ce moment. Je les ai écoutés. J’ai continué même si je trouvais ça vraiment difficile. Un an plus tard, on publie un magazine papier, je pars en France en mission commerciale, Planète F a gagné des prix à Toronto pour la qualité de ses contenus… C’est fou à quel point, en un an, tout peut changer. 

Mariève Paradis, Éditrice et cofondatrice Planète F Magazine