L’entrepreneuriat familial, ce n’est pas un jeu d’enfant!

Pas moins de 70% des entreprises familiales ne survivront pas à la 2e génération, et seulement 10% d’entre elles survivront à la 3e. C’est un fait, l’entrepreneuriat familial est loin d’être un jeu d’enfant. Voici quelques trucs pour vous guider, si vous possédez une entreprise que vous pourriez léguer à vos enfants, ou si vous songez à reprendre l’entreprise familiale.

 

Voir à ce que la volonté soit bien présente de part et d’autre

Bien des entreprises sont reprises par l(es) enfant(s) du fondateur car il voit cette reprise comme une poursuite logique et naturelle, sans nécessairement que ceux-ci en aient réellement envie. C’est un réel problème, car gérer une entreprise est une tâche très prenante financièrement et moralement, qui n’est certes pas faite pour tout le monde. De plus, avoir vu ses parents gérer une entreprise ne garantit en aucun cas les talents des enfants pour faire de même. Sans une réelle volonté d’apprendre et de s’impliquer, les nouveaux propriétaires ne peuvent être voués au succès. De plus, certains enfants ont tellement souffert du manque de présence de leurs parents, qui étaient très occupés par l’entreprise, qu’ils rejettent tout simplement ce mode de vie, ou le domaine dans lequel l’entreprise oeuvre. Si la simple mention de l’entreprise vous donne des boutons, posez-vous des questions…

Bien sûr, avouer à ses parents que l’on n’a pas d’intérêt à poursuivre leur réalisation, ce dans quoi ils ont mis une grosse partie de leur vie, n’est pas une tâche facile. Mais est-ce mieux de mettre votre bonheur et votre relation avec eux en danger, simplement parce que vous n’osez pas leur dire? Probablement pas.

L’inverse se peut également. Plusieurs entrepreneurs ont mis sur pied leur entreprise avant d’avoir des enfants, ou trop tôt pour que ceux-ci se rappellent de leur début. Les enfants peuvent alors voir l’entrepreneuriat comme une avenue facile, surtout s’ils voient aujourd’hui leur père ou leur mère prendre leur vendredi après-midi de congé à chaque semaine et 5 semaines de vacances par année. Ils ne réalisent alors pas tous les efforts et la motivation qui ont été nécessaires pour se rendre là. Certains enfants d’entrepreneurs s’imaginent arriver dans l’entreprise, faire face à une certaine période de formation/adaptation, puis poursuivre la vie de pré-retraité de leur parent. Hélas, des années seront nécessaires pour apprendre tous les rouages, connaître tous les contacts, développer son esprit d’analyse, de synthèse et son intuition. De plus, l’être humain n’aimant habituellement pas le changement, plusieurs employés, fournisseurs ou clients pourront se montrer méfiant envers le nouveau propriétaire, surtout si celui-ci ne s’est jamais montré le nez dans l’entreprise auparavant. 

Face à tous ces défis, que le parent connaît, il se peut que celui-ci ne soit pas favorable à l’idée de transmettre l’entreprise à ses enfants. Malheureusement, certains enfants qui ont été élevés “dans la ouate” (comme c’est parfois le cas des enfants de propriétaires qui ont très bien réussis), peuvent ne pas avoir les nerfs assez solides et une volonté assez grande pour reprendre l’affaire. Du moins, c’est l’impression qu’ils peuvent laisser à leur parent. Certains acheteurs externes, motivés et passionnés par l’entreprise, peuvent être de bien meilleurs repreneurs que vos enfants, c’est la “triste” réalité! Que faire lorsqu’on a mis tous ses efforts, tous ses espoirs, dans une entreprise et que l’on doute sincèrement, malgré tout l’amour qu’on porte à nos enfants, que ceux-ci réussissent à poursuivre les activités? Tout d’abord, une conversation à coeur ouvert s’impose. Le simple fait de mettre ses enfants au courant de tous les obstacles qui ont dû être surmontés, de tous les efforts qui ont du être mis en oeuvre, du mode de vie que ça implique au départ, peut suffire à leur faire réaliser qu’ils ne sont pas faits pour cette vie. Peut-être serez vous soulagés, de part et d’autre, d’apprendre que ni l’un ni l’autre n’envisage la transmission de l’entreprise. Une chose est sûre, vous devez être attentif l’un à l’autre et choisir vos mots avec soin. Une relation parent-enfant restera toujours plus précieuse que n’importe quelle relation d’affaires!

 

Et si le fit est bon?

Et si vous et votre enfant souhaitez tous les deux que l’entreprise reste dans la famille? Hé bien tant mieux! Cependant, tout ne roulera pas comme sur des roulettes pour autant.

 

Commencer par intégrer la relève

Avant de céder les rênes, il est grandement préférable de faire découvrir pas à pas l’entreprise aux enfants, mais cette fois-ci avec des yeux d’entrepreneurs. Ils doivent comprendre les objectifs à atteindre, les acteurs clés, les menaces qui guettent l’entreprise, les enjeux de certaines décisions, le type d’opportunités à surveiller, les valeurs directrices, le style de management, etc. Ils doivent également apprendre à connaître les clients, les fournisseurs, les employés, les partenaires, les concurrents, les membres du CA, etc. Peu à peu, il faudra faire en sorte que leurs réflexions soient guidées par l’entreprise, mais tout en reflétant leur personnalité et leurs valeurs. Un enfant n’est jamais un copié-collé de son parent, et tenter de le forcer à en devenir un n’est pas une bonne idée. Les entreprises familiales qui ont réussies à se transmettre d’une génération à l’autre ont su trouver l’équilibre entre héritage et innovation et donc entre les idées et les personnalités de l’ancienne génération et de la nouvelle. Plusieurs années peuvent s’écouler avec la direction conjointe des deux générations, afin que le transfert se fasse en douceur et que le cédant challenge le repreneur au fur et à mesure qu’il prend de l’expérience et de l’assurance.

 

Dans le cas où plus d’un enfant reprend l’entreprise

Un peu à la même façon que l’enfant et le parent, les frères et soeurs devront apprendre à parler à coeur ouvert de leur vision de l’entreprise, leurs interrogations, leurs peurs, leurs objectifs, etc. Certains conseils qui s’appliquent aux couples d’entrepreneurs peuvent aussi s’appliquer aux frères et soeurs qui dirigent ensemble. De plus, pour avoir grandis ensemble, les frères et soeurs se connaissent mieux que quiconque. La communication est souvent plus franche, à défaut parfois d’être douce, mais au moins, les choses se disent!

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