Olivier Lambert, l’homme derrière le brand

En avril, j’ai choisi Olivier Lambert comme sujet pour mon article Success Story du mois. Pour ces articles, je pose habituellement mes questions lors d’une entrevue en personne, ça me permet de déceler les sourires, les intonations, hésitations, et ainsi d’enrichir mon texte. Mais comme Olivier était en Asie lorsque je devais avoir ses réponses, nous avons procédé par courriel. En attendant celles-ci, j’ai débuté mon article avec ce que je possédais comme informations, en me disant que je compléterais avec ses réponses.

Et puis BOOM, je les aies reçues. Des réponses tout aussi pertinentes qu’abondantes; l’équivalent d’un article complet pour mes 3 petites questions. Enchantée de la qualité de ses réponses, je ne voulais pas les gâcher en les réduisant à de simples passages dans mon article, j’ai donc décidé d’y dédier un article complet. Le voici!

 

Quelle a été ta plus belle surprise depuis que tu es à ton compte?

En septembre dernier, j’ai donné une conférence sur la publicité Facebook au Saguenay. Suite à ma présentation, j’ai été me mélanger un peu à l’audience. On était environ 200 je crois.

Bref, je trouvais ça quand même amusant de voir que tout le monde était gonflé à bloc sur la publicité Facebook qui est, quand on y pense, un sujet assez complexe et technique.

Donc j’étais là en train de parler de la logistique des concours sur Facebook avec 2 ou 3 personnes lorsqu’une dame s’est approchée en sortant son téléphone et m’a dit: « J’ai une amie qui est une vraie fan, mais elle n’a pas pu venir! Veux-tu regarder la caméra et lui dire salut? Son nom est Marie! »

Dire que j’ai été surpris n’est pas le bon mot. Tsay, je ne suis pas Julie Snyder ou Bernard Derome, juste un gars qui a un blogue et une petite business en ligne.

Dans la journée, plusieurs autres personnes m’ont demandé de prendre des selfies avec eux. Ça m’a fait plaisir de me prêter au jeu, parce que pour être honnête, j’aime bien faire mon show-off une fois de temps en temps. Mais sérieusement, jamais je n’aurais pensé que la brand que j’ai créé à l’aide de mon blogue pourrait un jour susciter un tel enthousiasme chez les gens!

 

Comment arrives-tu à garder un équilibre malgré tout le travail à accomplir pour atteindre tes objectifs?

Quel équilibre? Haha!

Mais sérieusement, c’est une question vraiment difficile pour moi. Premièrement parce que je suis très jeune. J’ai 24 ans, alors j’ai beaucoup de stamina et je n’ai pas beaucoup d’obligations. Je n’ai pas d’enfants et je fais tout pour limiter mes engagements.

Je me vois donc mal donner des conseils sur l’équilibre à des gens qui vivent dans des situations beaucoup plus exigeantes que la mienne.

Cependant, je peux tout de même partager ma philosophie derrière tout ça, mais je ne m’attends pas à ce qu’elle puisse s’appliquer à tous.

Je crois que la plupart des gens tentent de minimiser le stress et d’augmenter le bien-être.

Personnellement, je ne vois pas le stress comme un ennemi, mais plutôt comme un outil. Je minimise les sources de stress externes en évitant de prendre des engagements avec d’autres personnes et je m’impose des deadlines assez serrés pour que j’aille constamment l’impression d’être « en retard ».

Et pour arriver à mes objectifs, j’applique un principe bien connu du bodybuilding à ma routine de travail, c’est-à-dire que je travaille « until failure ».

Lorsqu’on fait de l’entraînement à haute intensité, l’objectif est de faire autant de répétitions qu’on est capable. Donc si on vise une série de 8 reps, mais qu’on a du jus pour se rendre à 9 ou 10, on continue. La seule raison valide d’arrêter, c’est qu’on est physiquement incapable de continuer.

Donc chaque jour, je travaille « until failure », c’est-à-dire que je suis mentalement incapable de continuer. Je suis confus et j’ai la tête dans les nuages. Rendu là, je vais au gym pour faire la même chose avec mon corps. Ensuite, je reviens chez moi, je prends un bon shake et je me détends en jouant à des jeux vidéo ou n’importe quelle activité qui me donne beaucoup de plaisir.

Après une heure ou deux, je retourne travailler jusqu’à épuisement. Quand j’ai terminé, il est environ 9 ou 10h du soir et c’est là que je me donne la permission d’aller voir ma copine ou mes amis et de prendre mon scotch.

Bien sûr, avec un train de vie comme ça, ça m’arrive d’être hyper dépressif et de n’avoir le goût de rien faire d’autre que manger du pop-corn en regardant une série complète (ou deux) sur Netflix. Quand ça m’arrive, j’écoute mon corps et j’attends que ça passe.

Et quand je dis hyper dépressif, je ne parle pas d’être un peu fatigué, je parle d’être littéralement incapable de faire quoi que ce soit. Je ne veux pas que les gens se mettent dans l’idée que c’est correct de skipper une journée de travail juste parce que tu n’es pas dans le mood. Ce genre de journée peut m’arriver une ou deux fois par mois, pas à toutes les semaines!

Certains diront que j’ai tous les symptômes d’épuisement professionnel, mais pour moi, ce n’est que la conséquence naturelle d’avoir travaillé « until failure ». J’accepte les journées de dépression comme étant la conséquence attendue de mon train de vie et j’en profite pour m’étendre dans ma chaise lounge en appréciant le cocktail de tristesse, de fatigue, mais surtout, de fierté.

Est-ce que ma vie est équilibrée? Peut-être. En fait, ça dépend de tes standards. Elon Musk, Grégory Charles ou Gary Vaynerchuck me diraient sans doute que je ne travaille pas assez. On a tous une stamina différente, alors l’important est de donner tout ce qu’on a, peu importe ce que ça représente pour toi. Et lorsqu’on a des moments de faiblesse, il faut avoir de l’empathie envers soi-même et réaliser qu’on est juste un être humain après tout.

 

Selon toi, quelles sont les 3 qualités essentielles d’un entrepreneur?

Je crois que le premier trait important d’un entrepreneur est de bien se connaître. Pas dans le sens « connaître ses forces et ses faiblesses », mais plutôt d’être capable de reconnaître la bullshit dans son propre raisonnement.

Être capable d’identifier les biais cognitifs (comme le sunk cost ou l’affect bias) ou encore de voir les vraies motivations derrière nos objectifs.

La plupart des gens ne sont pas confortables à l’idée qu’on puisse se mentir à soi-même et que notre cerveau n’est pas nécessairement notre allier dans tout ce qu’on entreprend. Mais je crois que c’est primordial pour un entrepreneur d’être confortable avec cette notion et d’accepter que les dangers ne sont pas uniquement externes, mais également internes.

Ensuite, je dirais que l’autre trait important d’un entrepreneur est d’avoir la volonté et la motivation de se salir les mains.

Je suis dans un domaine où tout le monde veut être « high level » et avoir la job de CEO. Mais quand tu lances une entreprise, la job de CEO représente environ 5% du travail. Le reste du temps, tu dois le passer dans les tranchées à exécuter et faire le sale boulot.

Ça veut dire faire des choses que tu n’as jamais faites, apprendre de nouveaux talents et prendre des risques.

Et finalement, je dirais que le dernier trait important est la capacité de développer sa vision. Je sais que ça entre directement en conflit avec le deuxième trait, mais le 5% que tu passes en tant que CEO est crucial pour le succès de ton entreprise.

Il faut apprendre à faire des prédictions sur l’avenir et voir les tendances. Mais plus important que tout, il faut apprendre à innover.

Quelqu’un m’a écrit l’autre jour pour me parler du lancement de son entreprise de dépannage routier. Après l’avoir questionné sur ce qu’il apporte de plus, la seule chose que j’ai comprise est que c’était moins cher.

Je ne dis pas qu’il va échouer, mais s’il veut s’acheter un yacht un jour, il va falloir qu’il change sa façon de penser.

À la place de se demander « comment est-ce que je peux faire de l’argent », il doit se demander « comment est-ce que je peux crisser l’industrie du dépannage routier à terre ». C’est juste quand on pense en fonction de rendre la solution actuelle obsolète qu’on peut innover.

Dans son cas, ça voudrait peut-être dire d’appliquer le concept d’Uber à cette industrie-là. À première vue, ça peut sembler impossible. Mais en faisant quelques recherches, on réalise qu’il existe beaucoup de pickups qui sont capables de tower des voitures! Mais de toute façon, je suppose que la plupart du temps, les gens n’ont besoin que de se faire booster, se faire donner du gaz ou encore un coup de pouce pour changer un pneu.

En sachant ça, il pourrait créer une application que tu peux utiliser lorsque tu es mal pris pour lancer une alerte aux gens les plus près de toi possédant l’équipement nécessaire pour t’aider.

Ce n’est qu’un exemple et il faudrait tester la validité de cette hypothèse avant d’y investir ses ressources, mais je pense que ce genre de raisonnement est primordial pour tout entrepreneur qui souhaite avoir un impact positif sur sa société.

Personnellement, je veux m’attaquer au système d’éducation actuel. Dans 10 ans, j’aimerais que ce soit considéré comme ridicule d’aller faire un bacc en marketing ou encore de s’inscrire à l’école d’entrepreneuriat. Bref, je veux créer un écosystème qui va rendre nos institutions obsolètes — une nouvelle façon d’apprendre qui est nettement supérieure à tout ce qu’on a vu par le passé. Bien que mes formations soient très bonnes, je suis encore loin de cet objectif qui va demander beaucoup plus que de simples cours en ligne.

Ça fait plusieurs années que je développe cette vision, et je passe 95% de mon temps dans les tranchées à donner tout ce que j’ai pour la rendre possible.

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